❝ Complaintes gitanes ❞ de Federico Garcia Lorca

Publié le par Anouchka

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I
Complainte de la lune, lune
                         À Conchita Garcia Lorca

La lune vint à la forge
en jupe de tubéreuse
et l'enfant ouvrit sur elle,
ouvrit, ouvrit ses grands yeux.
Dans l'air tout ému, la lune
bouge ses bras et ses mains
en montrant, lubrique et pure,
ses deux seins de dur étain.
Va-t-en lune, lune, lune.
S'ils arrivaient, les Gitans
feraient de ton coeur parure
d'anneaux et de colliers blancs.
Petit, laisse-moi danser.
Lorsque les Gitans viendront
tes jolis yeux seront clos,
sur l'enclume ils te verront.
Va-t-en lune, lune, lune,
je les entends galoper
Petit, ne marche pas sur
ma blancheur amidonnée.

Le cavalier traversait
la plaine, tambourinaire,
et dans la forge l'enfant
avait fermé les paupières.
Au milieu des oliviers
les Gitans de bronze et rêve
ont la tête relevée
et leurs yeux sont entrouverts.

Comme chante sur son arbre
Oh ! chante le chat-huant,
dans le ciel passe la lune
tenant le main d'un enfant.

Les Gitans dedans la forge
poussent des cris en pleurant
et le vent la veille, veille,
la veillent l'air et le vent.

Publié dans Littérature espagnole

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didier 05/01/2011 18:01



Merci



Slwcat 11/01/2010 10:29


si j'osais, je vous demanderais votre avis sur ce que je mets sur mon blog.
Au départ, des canulars plus ou moins en rime écrits de temps en temps pour m'amuser à jouer au foot avec des oeuvres impérissables, et j'ai eu envie de les rafistoler, ça donne des canulars
repassés.
Allez, j'ose.


Slwcat 10/01/2010 19:40


ça fait longtemps que j'ai envie d'apprendre l'espagnol pour le lire. Cette traduction réactive mon envie.


Anouchka 10/01/2010 19:50


Oui, c'est toujours plus intéressant de lire les poèmes dans leur langue originale... Mais il faut bien la maîtriser!