❝ Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes ❞ d’Hélène Briscoe

Publié le par Anouchka

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« Les gens souvent me disent ah on se rend compte quand on mange qu’y a un truc… parce que c’est tout ce qui marche. Ça je pense pas, j’en suis sûr. La cuisine c’est tout dans la tête, c’est la tête qui fait qu’on aime ou qu’on aime pas. » Thierry, cuisinier, 38 ans.

 

« Et il arrive des fois pendant deux ou trois jours on travaille avec l’odeur de cadavres de souris. Alors ça monte à la tête c’est écoeurant, on reste sept heures dedans. C’est vraiment… ça sent la mort quoi. » Christelle, agent RATP, 26 ans.

 

« Moi je trouve qu’on vit dans une société de consommation mais que les prix ils sont pas raisonnables. Ouais c’est clair. J’achète beaucoup ouais. Acheter ça permet de trouver un sens à je sais pas. Vous savez quand on veut acquérir des choses… j’allais dire ça permet de donner un sens à sa vie… non, mais presque. » Bouba, Chauffeur dans une société d’ordures ménagères, 27 ans.

 

« Le jour où j’arrive pas à prier, je peux au moins me réciter la parole de Dieu. Je peux espérer qu’il y ait un mot qui reste. Je découvre que ça a du goût. Mais si je découvre rien, quelle importance ? C’est comme ça, c’est lié aux limites de l’homme. Il peut arriver que je m’endorme… Dieu sourit, voilà, Dieu sourit. » Hervé, prêtre, 48 ans.

 

 

On n’a pas vraiment l’occasion de rencontrer des gens qui ne font pas partis du même monde que nous. Ceux qui croisent notre route et auxquels on ne fait pas forcément attention.

Ici, Hélène Briscoe nous parle des autres à travers leur travail. Elle a voulu s’éloigner du schéma classique du portrait, elle a posé des questions aux personnes et a restitué leurs paroles avec le moins de changements possible, en restant en retrait. Ce sont eux, les questionnés, qui sont sur le devant de la scène et qui nous livrent des autoportraits. C’est simple, vif et touchant. C’est triste, drôle, mélancolique, vrai et passionnant. On descend dans la rue pour écouter le peuple !

Un projectionniste qui se perfectionne à la guitare pendant les films, un cuisinier qui aime seulement cuisiner ce qu’il connaît, un agent de la RATP lassée par la puanteur du métro, un couvreur un peu poète, un expert en bijoux aux goûts originaux… Ils ont tous une place.

Et vous, vous pourriez nous parler de votre métier ?

 

 

Merci à Tulisquoi pour le prêt du livre !

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Tulisquoi 31/10/2010 19:04



Je suis d'accord avec Papillote : la langue c'est bon quand c'est bien cuisiné ;)


Sinon, contente que ce livre t'ait plu. C'est vraiment une bonne idée d'aller voir ces gens qui quelque part travaillent, pour la plupart, à nous rendre la vie plus simple. Sinon il y en a
d'autres de disponibles sur le site du Tigre : http://www.le-tigre.net/-Portrait-.html



Anouchka 31/10/2010 23:57



Je vais aller voir les autres portraits sur le site ! Merci pour le lien !



Papillote 30/10/2010 20:36



ben moi pour l'instant j'ai pas de boulot, et je ne fais jamais le même.. je suis d'accord avec la citation du cuisinier, c'est dans la tête : la langue de boeuf par exemple, ça paraît répugnant
à beaucoup mais en fait c'est super bon je trouve !


je lis beaucoup de livres sur le travail, celui-ci me tente



Anouchka 31/10/2010 23:56



Je suis bien d'accord, la cuisine, c'est dans la tête. Je ne pense pas pouvoir manger de la langue un jour...


Je conseille ce livre (qui est très rapide à lire), il est vraiment intéressant !